

Ce jour-là, Camille était encore en classe.
Chez ses parents, la sonnerie retentit, et Marie alla ouvrir sans aucune méfiance.
Quelle ne fut sa surprise lorsqu'elle découvrit Antoine, accompagné de deux hommes.
Ils entrèrent alors de force et firent assoir Marie sur le canapé du salon, dans lequel se trouvait déjà Jean, qui n'eut pas le temps de réagir.
- Ravis de vous revoir les amis ! Commença Antoine. Vous retrouver n'a pas été chose facile.
Vous êtes beaucoup plus habiles que je ne l'aurais pensé. Mais malheureusement pour vous, je l'ai été plus que vous !
- Ne fais pas ça, Antoine ! Interrompit Jean. Je sais que tu n'en as pas envie. Nous sommes tes amis, peu importe ce que tu es et ce que tu as pu faire, nous ne dirons rien !
- Désolé Jean, mais je ne peux pas faire ça. Je t'ai déjà laissé une chance, et crois-moi j'en ai eu des retombées très peu sympathiques !
- Des retombées ?! interloqua Jean. Tu t'inquiètes de ta pauvre réputation alors que nous sommes les seuls amis que tu n'as jamais eus, et tu voudrais nous éliminer pour le plaisir des autres ?!
Tu es pathétique.
Il y eut un bref silence dans lequel Antoine observa Jean puis il lui tourna le dos, ordonnant simplement à ses hommes d'en finir.
- Non, attends, Antoine ! Cria Jean. Par pitié, ma famille n'a rien à voir dans cette histoire. Fais de moi ce que tu veux, mais ne leur fais aucun mal. Ma fille, ma petite fille.... elle ne
mérite pas de mourir, je t'en prie, supplia Jean, désespéré.
Antoine baissa les yeux et ajouta :
- Je ne peux plus rien faire ! En ce qui concerne ta fille, elle est surement déjà morte ou ça ne devrait pas tarder.
Jean oscilla des yeux, une colère s'empara alors de lui et il se jeta sur Antoine, qui n'eut pas le temps de réagir.
Il l'assommait de coups, il voulait le tuer.
Un bruit assourdissant et sec se fit alors entendre.
Jean stoppa et regarda quelques instants, yeux dans les yeux, l'air désemparé, attristé, mais surtout déçu, celui qui était autrefois son ami, puis il posa sa main sur son estomac.
Il était recouvert de sang !
Antoine avait réussi à sortir son arme et avait tiré.
Marie se précipita sur son mari, affolée, pleurant et suppliant Antoine de l'aider, d'appeler des secours. Il n'en fit rien !
Il demanda à ses hommes de finir le travail et sortit, cachant sa tristesse, sa douleur, d'avoir anéanti une partie de lui même.
Des bruits assourdissants retentirent de nouveau dans le salon. D'énormes masses de sang vinrent rougir le sol sur lequel gisaient deux corps, l'un contre l'autre. Une peinture vive, maculée de
sang, laissant entrevoir la colère.
Pendant ce temps, au lycée, la sonnerie venait de retentir. Certains élèves étaient enfin libérés. Parmi eux, Camille et Lucas, son petit ami.