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Lundi 3 décembre 2007
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 Son regard était vide !
Il observait cette femme à l'allure innocente, souriante et qui marchait à pas décidant, errant de magasin en magasin. Shopping quand tu nous tiens !
Il semblait la suivre, discret, invisible. Il savait se diluer dans la masse.
Elle était entrée dans un commerce, s'était arrêtée du côté des textiles dont elle observait dans le moindre détail les articles qui lui tapaient dans l'oeil.
Aujourd'hui, il y avait foule, ce qui ne semblait pas être au goût de notre ami de l'ombre.
Soudain, un cri avait interpellé tout le monde. Un cri de douleur, effrayant, qui attisait la peur comme la curiosité, un cri qui continuait. La jeune femme s'était agenouillée et avait porté ses mains sur sa tête en hurlant.
Alors qu'une personne s'approchait afin de comprendre ce qui lui arrivait, le sol semblait légèrement vibrer et les textiles légèrement flotter comme un coup de vent qui serait passé. Elle se tourna alors vers ce bon samaritain qui voulait l'aider, l'effrayant par son regard flou et tout en hurlant sa douleur, elle le projeta à une vingtaine de mètres.

Le sol commença à se fissurer, les textiles se déchiraient et le peuple criait, lui aussi.
La crise était bientôt à son comble.

Trente-six heures plus tôt !
Une jeune femme sort de son boulot, fatiguée. La journée n'a apparemment pas été de tout repos.
Un homme, sortie de nulle part, l'interpelle : "Mademoiselle Carlan ?"
Elle se retourne, un peu surprise et lui répond "Oui ?"
- Excusez-moi, mais il faut que je vous parle.
- Me parler ? Et de quoi ? Et qui êtes-vous ? Demanda-t-elle très peu rassurée.
- Qui je suis n'a pas d'importance, c'est plutôt ce que vous risquez de devenir qui l'est, et comment je peux vous aider.
- Hum... Oui... C'est... C’est très intéressant votre histoire, mais je suis très occupée là, OK, je vais vous laisser !
Elle tourna les talons d'un pas rapide, en direction de sa voiture. L'homme l'interpella une nouvelle fois.
"Depuis près d'une semaine, vous avez d'horribles maux de tête, vous ne dormez plus la nuit, ce qui explique votre état de fatigue. Aucun médicament que vous avez pu tester n'y a rien fait".
La jeune femme s'arrêta nette et se retourna, étonnée :
- Co... Comment pouvez-vous savoir ça ?
- Cela n' a aucune importance ! Écoutez, quelque chose en vous est en train de vous changer, quelque chose d'incroyable qui va changer votre vie. Ce... ça peut être quelque chose de bon, mais vous allez devoir passer par quelque chose d'effrayant. Je peux vous aider, mais pour cela il faut que vous me suiviez.

La femme regarda l'homme, elle resta silencieuse un bref instant puis se mit à rire.
- Votre... histoire est vraiment incroyable, pas très originale, mais elle m'a vraiment fait flipper. Maintenant vous m'excuserez, mais il faut que je m'en aille.
- Julie, si vous ne me suivez pas des gens vont mourir ! lui cria-t-il.
Elle se retourna de nouveau, le visage crispé, cette fois elle avait vraiment peur, pas de ce que cet homme lui avait raconté, mais de lui, de ce dingue qui l'agressait en lui balbutiant une histoire incohérente.
- Laissez-moi... laissez-moi où je crie vous m'entendez. Partez, allez-vous-en ! hurlait-elle.
Puis il partit, déçu, désolé. Encore une fois, il allait devoir faire ce qu'il détestait.

Maintenant !

Elle se tourna alors vers ce bon samaritain qui voulait l'aider, l'effrayant par son regard flou et tout en hurlant sa douleur, elle le projeta à une vingtaine de mètres.

Le sol commença à se fissurer, les textiles se déchiraient et le peuple criait, lui aussi.
Un vieil homme qui tentait de s'échapper tomba. Son corps se pétrifia et se disloqua en poussière.
La gravité semblait s'alourdir, empêchant les pauvres gens de fuir au plus vite. Tout tremblait autour d'eux, toutes matières se dématérialisaient, tout devenait une horreur sans nom.
Et l'homme de l'ombre, cet homme qui la suivait quelques minutes auparavant s'approcha, sans aucune difficulté.
Rien ne semblait l'atteindre !
Et lorsqu'il se trouva face à la jeune femme, il lui caressa le visage.
Subitement, tout s'arrêta. Plus de bruit, plus d'horreur ! Sauf le cri des gens qui purent enfin fuir convenablement.
Quant à la jeune femme, elle était redevenue elle-même. Elle était sous le choc et regardait , effrayée, l'homme qui lui murmura : "Je suis désolé".
Puis il s'en alla, d'un pas léger et surtout triste, pour elle.
La jeune femme sentait ses forces l'abandonner. Ses yeux se fermèrent et son corps tomba. Il n'avait pas eu d'autre choix que de la tuer.


L'auteur : Jer
Par Jer - Publié dans : Textes - Communauté : Pensées d'ailleurs
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