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"Monsieur ? Votre père vient d'arriver."
- Très bien, laisser nous lança Antoine au garde qui venait d'entrer.
Papa ! Quelle joie de te revoir ! Que me vaut donc cette visite impromptue ?
- Fiston, on a à parler d'une affaire urgente. Beaucoup de rumeurs circulent, certaines mêmes au sein de l'organisation.
- Des rumeurs ? quel genre de rumeurs ? interrogea Antoine.
- Oh, une en particulier a retenu mon attention. Elle concerne un homme qui ridiculiserait nos hommes, mais surtout qui nous ridiculiserait auprès de nos partenaires. Certains disent même que tu
aurais peur de cet homme !
- Peur ? Je n'ai pas peur de cet antihéros qui veut jouer une vengeance. Je t'assure que je fais ce qu'il faut pour le retrouver et ...
- Écoute-moi bien fils, interrompit son père, je t'aime. Je tiens à toi comme jamais. Tu es la chair et mon sang, cela je ne peux le nier. Mais j'ai mis des années pour arriver à ce que nous
sommes aujourd'hui, j'y ai passé plus de la moitié de ma vie. Je ne pourrais tolérer qu'un minable s'immisce dans nos affaires et bousille tout ce que j'ai construit.
Je te laisse une dernière chance de résoudre ce problème, sinon je devrais trouver quelqu'un d'autre qui saura s'en charger et qui saura par la même occasion, gérer mieux les affaires que toi !
Me suis-je bien fait comprendre ?
- Je... Oui ! Je t'en fais la promesse, cet homme ne sera bientôt plus qu'un souvenir, reprit Antoine dépourvu par l'annonce de son père.
- Tu as bâclé le travail en tuant cette famille, reprit le père. Sans nul doute que notre vengeur les connaissait intimement. Cherche qui les côtoyait, qui côtoyait leur fille, notre coupable se
trouve parmi eux.
- Bien, ce sera fait. Le sort de ce type sera réglé avant la fin de la semaine.
- Parfait ! Reprit joyeusement le père, je te reconnais bien là.
Il souria et changea rapidement de conversation.
- Sinon, comment tu vas ? Toujours pas marié hein ! Tu as bien raison, les femmes sont source d'ennuis. Tu te rappelles ce que je t'ai toujours dit à leur sujet ?
Et ils reprirent ensemble : "Toujours dans ton lit, jamais dans ton coeur" puis ils se mirent à rire.
Le père d'Antoine était un homme bien tenu pour son âge, d'une forte présence et d'une personnalité très poignante et dure. Il éprouvait pour son fils un réel amour paternel, il l'a toujours
protégé et poussé au bout des choses. Un lien insatiable les unissait, un lien qu'il ne fallait absolument pas briser.
Aussi, malgré ses apparences de forte tête, il ne pouvait en vouloir vraiment à son fils et même si celui-ci échouait, il agirait dans son dos afin de lui garantir la réussite.
- Au fait, reprit le père, il y a un match ce soir, non ?
- Oui, je me disais bien que tu n'étais pas là uniquement pour parler business ria-t-il. Tu te joins donc à moi ?
- Bien sur que je me joins à toi ! acquiesça le père, en donnant une tape à l'épaule de son fils.
En les voyant ainsi, heureux, si affectueux, si protecteur l'un envers l'autre et si fier, on avait presque oublié leur conversation précédente, on aurait presque pu oublier qui ils étaient
vraiment, des hommes sans conteste dangereux.
Un père et un fils, voilà qui ils étaient à ce moment. Un père et un fils adoré.
Un lien unique qu'il ne fallait pas briser.