Dimanche 2 septembre 2007
Voici un poème proposé par Hydrogen.
Il y a vingt ans
Me croyant déjà grand
Je voulais franchir
Le mur du son
Et dans la nuit des frelons
Je me suis rappelé les tétons
De mon ex-maman
C'est alors que j'ai pissé
Dans mon caleçon
Et j'ai eu droit
A des coups de bâton
Le matin en me réveillant
Et à l'école, le même jour,
J'ai eu une punition
Ma récitation oubliant
Ne parlant pas de la conjugaison
Je n'ai jamais compris
Le futur d'antan
Ou le plus-que-parfait
Alors que le parfait
C'est déjà le néant
Je savais m'exprimer
N'est-ce pas le plus important
Ou ai-je besoin d'un tube néon
Pour visiter l'odéon
Puis j'ai plongé dans les syllogismes
Que de cataclysmes
J'ai commencé par l'existentialisme
Et j'ai fini dans le surréalisme
En passant par le psychisme
Et en franchissant
Le pont de l'occultisme
J'ai pu enfin embrasser la vérité
Et j'ai goûté à la volupté
D'admirer la divinité
Pure et nue était ma volonté
Que j'avais cru caresser la sainteté
Mais aujourd'hui, à cinquante ans,
Je refuse de vivre dans l'hypocrisie
Et dans la décadence des mœurs
Je regarde le nombril des filles
Et je me demande pourquoi
Par la même occasion
Je ne vois pas ce qui me retiendrait
Je ne glisserai pas mon pantalon
Pour exhiber mes fesses poilues
Je me demande pourquoi
Dans le miroir
Je ne vois que mon dos
Suis-je devenu dromadaire
Ou ai-je perdu la face
Ou ai-je peur d'affronter la réalité
Tout à l'heure mon verre me le dira
Mais ce n'est certes pas moi
Qui baisserait les bras
Le poète : Hydrogen